On a vu : Frank ou la célébrité 2.O

Sorti en mai 2014 en Irlande, Frank de Lenny Abrahamson (What Richard did) débarque enfin en France. Basé sur Frank Sidebottom, le musicien créé par le britannique Chris Sievey, cette comédie ovnie sur les affres de la célébrité et de la création met en scène Michael Fassbender ayant, littéralement, la grosse tête. Déroutant et réjouissant.

Frank film with Michael Fassbender
Maggie Gyllenhaal, Michael Fassbender, Domnhaal Gleeson,

Frank a la grosse tête, au sens littéral du terme. Jon, musicien raté (Domnhaal Gleeson, le fils talentueux de Brendan), ne verra jamais (ou peu) le visage de cet artiste torturé, leader du groupe Soronprfbs (ça ne s’invente pas…) qui se cache sous une boule de papier mâché aux yeux étranges. Ces deux-là sont aux antipodes. L’un n’est pas capable d’aligner la moindre chanson valable tandis que l’autre recherche la perfection. Lenny Abrahamson, à qui l’on doit What Richard did ou Garage,  les laisse « s’apprivoiser » en faisant preuve d’un humour noir et cynique réjouissant.

Il est bien aidé en cela par son casting : Maggie Gyllenhaal, en harpie arty et Michael Fassbender, constamment caché (une option gonflée quand même avec une star) qui parvient, malgré sa tête étrange, à rendre son personnage intrigant et émouvant. Le cinéaste, sous influence Spike Jonze et Michel Gondry pour le côté bricolo et allumé, en profite au passage pour questionner sur la création et son jusqu’au-boutisme : il montre un Frank, compositeur expérimental, au bord de la folie et franchement limite (la retraite dans la maison des bois pour concevoir l’album). Le regard d’Abrahamson oscille entre gentille moquerie, réelle admiration et finalement mélancolie.

Jon finance tout ce barnum, l’enregistrement et la tournée, et surtout assure la communication sur les réseaux sociaux. Car oui, un groupe ne saurait atteindre la célébrité sans passer par internet. Cette course effrénée trouve son point d’orgue au festival South by Soutwest, à Austin, le temple de la hype. C’en est trop pour Abrahamson qui tourne cette dérive en ridicule et presque au drame. Mieux vaut être un artiste maudit qu’un feu de paille pour hipsters. On n’est pas loin d’être d’accord avec lui.

Sortie le 4 février 2015 ; drame irlando-britannique réalisé par Lenny Abrahamson, 1h36, avec Domnhaal Gleeson, Michael Fassbender, Maggie Gyllenhaal.

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