On y était : Fontaines D.C. (w/ The Altered Hours) au Bataclan

Hier soir, Fontaines D.C., le groupe de post punk à la hype stratosphérique, a retourné le Bataclan lors d’un set court (un seul album) mais abrasif. Avec les redoutables The Altered Hours et leur shoegaze ultra-efficace en première partie. Une soiree 100 % Irish donc : que demander de plus? Photos par MoiLikeHome

Du haut de notre perchoir (on a préféré se réfugier à l’étage et on a bien fait…), on voit un drapeau irlandais fièrement brandi au parterre du Bataclan. La soirée sera 100 % Irish en effet et ce n’est pas si fréquent. Quid au menu ? Que du bon. Du très bon même. Fontaines D.C., donc, dont le concert décevant au Point Ephémère en avril dernier (gros problème d’ampli et de son) et le rendez-vous manqué à Villette sonique, nous avait laissée sur notre faim. Au festival des Inrocks, on avait déjà pu vérifier que la hype entourant le groupe de post punk était parfaitement justifiée. Ravie de retrouver le combo dublinois et The Altered Hours qui ouvre le bal.

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On avait apprécié  le rock psyché, dream pop et shoegaze ultra-efficaces de Cathal Mc Gabhann (guitare / voix), Nora Lewon (batterie), Elaine Howley (voix, percus), Kevin Terry junior (guitare) et Patrick Cullen (basse) à l’espace B (voir ici). Le quintet de Cork vient présenter On My Tongue, un nouvel Ep sorti en mars 2018, après In Heat Not Sorry, un premier album très réussi. Les guitares vont crescendo : Mc Gabhann impressionne par son agilité et son charisme. On aime quand sa voix se mêle à celle d’Elaine Howley, au chant à la fois rageur, vaporeux et sexy. Le public adhère d’emblée, jusqu’au final, l’ébouriffant Everyone is Inside.

Un ouragan

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Après 45 minutes de concert, le groupe quitte la scène, en laissant un parterre chauffé à blanc. Celui-ci part au quart de tour quand Fontaines D.C. , après une chanson des Pogues (une de leurs références revendiquées), déboule enfin. On attaque fort avec le riff imparable de Chequeless Reckless, titre sur le pouvoir dévastateur de l’argent. Le chant-parlé de Grian Chatten fait tout de suite son effet. On monte d’un cran avec l’ouragan Hurricane Laughter, avec encore une guitare lancinante, qui emporte tout. Dans la salle, les gobelets en plastique volent (on croise les doigts pour que l’un d’eux ne blesse le visage des musiciens). Bref, c’est déjà la folie

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Le groupe reste stoïque comme si tout cela était parfaitement normal. Grian arpente la scène comme un lion en cage, un peu hagard, avec sa main droite qu’il ne cesse de secouer comme s’il avait des fourmis dans les doigts. Son pied de micro souffre à force d’être martyrisé. Quelques personnes, respectueuses, du public parviennent à monter sur scène, mais ce n’est pas le genre de Chatten de se jeter dans la foule. A côté du chanteur habité, le reste de la bande, Conor Deegan II à la basse, Tom Coll derrière ses fûts, Carlos O’Connell et Connor Curley à la guitare, fait dans le jeu de scène minimaliste (à la différence de leurs « rivaux » The Murder Capital). On peut être agacé par ce refus de show off mais en fait, la sobriété leur va bien. La bande ne pipe mot à part quelques « Merci ». Presque aucun temps mort lors de cette présentation de Dogrel, un premier album abrasif. Une pépite qui se veut une ode aux écrivains tel James Joyce, une lettre d’amour-haine à Dublin, avec glorification du passé de la ville un peu déglinguée mais refus d’un présent un brin désespérant.

Shane Mac Gowan

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On alterne entre morceaux qui laissent exsangues et d’autres plus « calmes » comme Televison Screens qui rappelle The Smiths. On applaudit la mélancolie de Roy’s Tune  (« There is no warning and there is no future » dit la chanson). A l’écoute de The Lotts (le lieu où le groupe répète, avec seringues usagées sur le trottoir), Sha, Sha, Sha ou Liberty Belle, on pense aux punks de la première heure comme The Clash. Et ça marche : on se défoule encore et encore dans la salle. Et ça s’intensifie un peu plus quand Grian Chatten lâche sa rage sur Too Real. Avec Dublin City Sky, on pourrait croire à une reprise des Pogues. D’ailleurs le chant de Grian Chatten, qu’on compare un peu vite à Ian Curtis (le regard sans doute), change radicalement pour se coller à celui de la légende Shane Mac Gowan. « On ne fait pas de rappel » lâche Grian (ses seuls mots de la soirée) et on se quitte avec Big, petite bombe à déflagration. Dans la lignée de Idles ou Shame, en plus littéraire et mélancolique, Fontaines D.C. réveille le post punk et conforte son statut sur scène avec évidence, sans effets de manche. Punk is not dead !

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