On y était : The Divine Comedy à Dublin, Belfast et… Cork

Ce soir, The Divine Comedy investit la salle Pleyel à Paris pour y dérouler « Office Politics », son dernier album en date. On a pu assister au lancement de la tournée, en Irlande, à Dublin, Belfast et … Cork. En gros, on va un peu spoiler.

Lors d’une interview qu’il nous avait accordé (voir ici), Neil Hannon, la tête pensante de The Divine Comedy, nous avait parlé de son goût pour la pop des eighties (Human League, Pet Shop Boys etc). On ne se doutait pas que le pape de la pop orchestrale franchirait le pas avec « Office Politics », son nouvel opus (qu’on a pas attendu des années celui-là…). Cela donne un album au long cours (30 titres dans la version double), quelques expérimentations électroniques et évidemment les mélodies ciselées auxquelles ils nous a habitués. Un essai un peu déconcertant que la bande va dérouler d’abord en Irlande, à Dublin, Cork (dans des salles où le parterre est assis, une absurdité …) et Belfast. Et à chaque fois, le mantra de Hannon fut respecté : la pop c’est sérieux mais pas tant que cela.

Showman

Bienvenue au bureau / Open Space avec ordinateur blanc où, sur l’écran, défilent les maux de la société moderne. En fond de scène, on aperçoit deux portes In et Out ( symboles de la dureté du monde du travail ?) et surtout une immense horloge dont les aiguilles bougent grâce à Alastair, roadie en blouse et casquette en tweed vissée sur la tête. La journée de travail peut commencer et voilà que Neil Hannon, lunettes de soleil aux verres miroir (trop la classe) sur le nez, déboule sur scène, dans des costumes improbables: orange à Dublin, vert à Cork et notre préféré, celui aux motifs « mire télé » à Belfast. Le songwriter suit sa ligne de conduite : on se souvient de son imitation de Napoléon lors de la tournée précédente (voir ici)

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Les premières notes de Europop, un « classique » parfaitement dans le ton du nouvel album et dont on avait été privé il y a deux ans, ravit le public. On s’échauffe avec « Generation Sex », une oldie à l’effet euphorisant.  Commuter Love, ou la fascination pour une jeune femme sophistiquée dans un train de banlieue, se prête parfaitement à la thématique du jour.

Monde cynique

Ne pas se fier au rythme sautillant de Queue Jumper, premier single du nouvel LP dans lequel Neil Hannon, avec l’ironie qu’on lui connaît, se fait passer pour un businessman arrogant et sûr de son importance. On enfonce le clou avec  Office politics  ou la description pleine de dérision du monde du travail. Tentative de clapping du public, en décalé, avec Norman and Norma , chronique matrimoniale à la fois drôle et mélancolique. Une petite merveille de mélodie pop forte de beaux choeurs masculins. Dans la lignée, mention spéciale à To the rescue, ode à Cathy Davey, songwriter et compagne de Hannon à la tête d’un refuge d’animaux dans le comté de Kildare. Entre deux chansons, le dandy-zébulon assure le spectacle (avec une bonbonne d’eau à Belfast), sans avoir besoin de faire des effets de manche. Neil Hannon, pas mal gaffeur (un pense-bête à ses pieds pour ne pas oublier les paroles, quelques ratés…), est drôle grâce à un sens de l’auto-dérision « so british ».

Sérénade

« Vous n’allez pas aimé celle-là » prévient-il à Dublin. On ne va pas le contredire :  The Synthesiser Service Centre  Super Summer Sale fait dans le bidouillage électronique qui nous laisse de marbre. On succombe en revanche à l’écoute de  I’m a Stranger here , également issu du dernier album. Cette sérénade italienne portée par des sublimes harmonies vocales reste l’un des moments les plus intenses du concert. Le son se fait plus lourd et rock, à la Goldfrapp, avec Infernal Machines (pas besoin d’explication de texte). On enchaîne tout de suite avec You’ll never work in this town again, une sucrerie douce-amère, très jazzy, easy-listening (on n’oublie pas que Hannon est fan de Burt Bacharah et du regretté Scott Walker). On aime l’utilisation d’un téléphone en guise de maracas et on s’imagine bien écouter la chanson dans un bar à cocktail un peu classe…

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Party Time !

Ce n’est pas tout ça mais il est temps de faire une fête de … bureau, avec chapeaux en carton ridicules, portés sur le côté de la tête et ballons qui finissent par circuler dans le public. Le temps de dérouler, quelques oldies bien remuantes, Something for the Weekend, Indie Disco, I Like. On se calme un peu avec Life and Soul et surtout  Feather in your cap , d’une beauté à tomber. Que dire de A Lady of a Certain Age, l’un des chef-d’oeuvres de son auteur, à la structure mélodique imparable et aux paroles désabusées (cette femme de la haute société qui refuse de vieillir). On commence à faire le ménage sur la scène-bureau quand on se quitte logiquement avec  Working Day avant le rappel en acoustique. La bande se réunit pour revisiter en mode minimaliste Songs of love (magnifique), National Express, et l’incontournable  Tonight We Fly, qui se régènère dans ce format épuré. Si The Divine Comedy ne nous a pas réconciliée  avec la vie de bureau, le groupe en a donné une version diablement festive.

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