Sounds From a Safe Harbour, day one : avec Autre Monde, Fionn Regan, Anna-Mieke Bishop et Cinema

Aaron et Bryce Dessner (The National) nous gâtent avec Sounds From a Safe Harbour, leur festival classieux qu’ils organisent pour la seconde fois à Cork, du 14 au 17 septembre. Résumé de la première journée avec en point d’orgue, le retour inespéré du songwriter folk, Fionn Regan.

En ce premier jour de festival, on avoue avoir du mal à se remettre de ce qu’on a vu et entendu la veille à l’Opéra de Cork. Lisa Hannigan revisitait sa musique avec le RTE national Orchestra : l’ouverture de ce rendez-vous organisé par les frères Dessner (le dramaturge Enda Walsh et surtout l’indispensable Mary Hickson), après une première édition en 2015, a été grandiose. Quelques larmes ont coulé dans l’assistance. On a fait comme tout le monde… Arte et la Blogothèque étaient là pour filmer. Voici le lien (live report à venir). Une autre star irlandaise prend le relais ce jour. Un enfant prodig(u)e, qui n’avait pas donné de nouvelles discographiques depuis cinq ans. Fionn Regan est de retour avec  The Meetings of the Waters, où son songwriting folk, teinté cette fois d’électronica, fait à nouveau merveille.

La chanson qui sert de titre à l’album a eu droit à un clip avec l’acteur Cillian Murphy, qu’on voit au volant de sa voiture roulant dans le comté de Wiclow. La star de la série Peaky Blinders, originaire de Cork et également curateur du festival, revient sur le tournage de ladite video en compagnie du songwriter lors d’une conversation au pub The Roundy. On a droit à un titre en acoustique en guise de final. En revanche, pas de photos ni de discussion avec le public : bref, Fionn Regan a fait sa diva (on le soupçonne d’avoir voulu partir vite pour assister au concert de Justin Vernon et Aaron Dessner). Son attitude ne nous met pas dans les meilleures dispositions pour son concert du soir dans la même salle, à l’église St Luke…

Un peu frustrée, on file au Crane Lane Theatre pour aller voir Ben Lanz, musicien de Beirut et The National. Mais le concert ne démarre pas (plus d’une demie-heure de retard) donc on fait l’impasse (ainsi que sur l’apparition surprise de la star montante Talos) pour ne pas rater Autre Monde, supergroupe composé du guitariste Mark Chester (Ginnels), du bassiste Padraig Cooney (Skelocrats, Tieranniesaur), de Eoghan O’Brien à la batterie (No Monster Club) et emmené par le charismatique Paddy Hanna qui joue au pub Henchy’s. « I want my enemies to prosper»  dit la chanson: le songwriting de Hanna est comme toujours ironique et tranchant. On adhère pleinement d’autant que la musique est bonne (le meilleur des années 1980 : Brian Eno, John Cale, ESG, Television, Suicide, The Slits…) et que Hanna, encore lui, a un jeu de scène toujours au bord de la rupture. Celui-ci frappe le sol avec sa ceinture, déambule un peu halluciné. En revanche, le son, trop fort, nous tue les tympans.

Tout rentre dans l’ordre lors du set de Fionn Regan qui se produit donc à St Luke, non loin de là. Lowli (Roisin Lowry, dans le civil et artiste locale), seule au piano, ouvre la soirée avec des ballades assez bien ficelées. C’est doux, pas trop sucré et la voix est en place. On est plutôt de bonne humeur. Fionn Regan fait son entrée. Imperméable japonisant sur le dos (déjà prêt à partir?), il s’arme de sa guitare pour dérouler une partie de son dernier album sorti en avril dernier. Petite nouveauté pour le folkeux, héritier de Nick Drake: l’utilisation de la boîte à rythmes sur, notamment, Babushka ya yai, hommage évidemment à Kate Bush, l’un des titres les « dansants » du dernier opus. On revient aux fondamentaux avec l’harmonica (l’effet Bob Dylan) sur Hey Rabbit. 100 Acres of sycomore n’a rien perdu de sa puissance. Cela se vérifie également avec Hunters Map : “Depressions in your neck, he’s just keeping you in check, who was that fox caught in that trap? ». On enchaîne avec Book of the Moon, un autre extrait très réussi de la dernière livraison. On fond pour St Anthony’s Fire et le désenchanté Be good or be gone . Un titre en rappel et bye-bye. Les retrouvailles agréables (cette voix douce et émouvante) ont été un peu froides (deux « bonsoir » en guise d’interaction avec le public) et expédiées (pour aller au concert de Bon Iver à 22h à l’opéra de Cork sans doute…). On espère qu’il sera un peu plus généreux lors d’un éventuel concert à Paris (pas de date encore annoncée).

On se dépêche pour ne pas rater Anna Mieke, qui fait dans le folk plus roots. Las, on arrive trop tard. C’est déjà la fin de son set au pub Callanan’s, surpeuplé. La songwriter est accompagnée par les Ye Vagabonds, en concert le lendemain au Coughlan’s. On savoure quand même quatre chansons : c’est beau, ancestral et les voix s’harmonisent parfaitement. Au pas de course, on se rend au Sextant, pour assister au showcase de Cinema. Soit une touche d’électro bienvenue en fin de soirée et très recommandable ( dans le même genre, on « snobe » contre notre gré le plus connu New Jackson, soit David Kitt qui joue à la même heure). Peter Fleming, originaire de Newbridge, Kildare, manie les machines mais donne un petit supplément d’âme à sa musique en jouant habilement de la guitare électrique. C’est dansant, dreamy ce qu’il faut (mention spéciale à Floating, morceau réjouissant). Un joli point final à une première journée en demie-teinte.

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