On y était : Lankum au Studio de l’ermitage

Plus d’un an après son passage à la Philarmonie, Lankum (ex-Lynched) faisait étape hier soir au Studio de l’ermitage, avec sous le bras son nouvel album « Between The Earth and sky ». On aime toujours autant son folk traditionnel, mélange d’harmonies vocales et d’airs engagés.

« Qui était venu spécialement pour nous, à la Philarmonie ? » rigole Ian Lynch (la star de la soirée donnée en février 2017 étant The Gloaming)… « Moi ! » et « Moi! » lui rétorque-t-on. De quoi détendre tout le monde avant d’entamer un set réjouissant de bout en bout. Mais n’allons pas trop vite.

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C’est quoi Lankum (ex-Lynched) ?  Cormac Mac Diarmada (fiddle), Radie Peat (chant, concertina, harmonium) et les deux frères Ian (uilleann pipes, voix) et Daragh Lynch (voix et guitare) interprètent des chansons traditionnelles humoristiques, les ballades classiques des Travellers d’Irlande, des airs dansants issus des traditions américaine et irlandaise et leurs propres compositions originales, mais pas que cela.

C’est une vision plus « rough » du folk traditionnel, proche des Dubliners et des Pogues (Ian Lynch et Daragh Lynch viennent de la scène punk). Avec Lankum, on ne parle pas de petites fées gambadant dans la lande mais de politique et de la dure condition humaine. Bref, cela nous épargne une certaine mièvrerie et ce n’est pas pour nous déplaire.

Radie Peat, à la fois rauque et profonde, nous attrape d’entrée avec son chant d’un autre âge, qui prend aux tripes. Aucune minauderie à l’horizon quand elle entame le set a cappella. Sur la tracklist de Between The Earth and Sky,  le second album de la bande sorti en octobre 2017 et le premier à paraître sous le label Rough Records, Peat Bog Soldiers est une traduction anglaise d’un air que chantaient les prisonniers politiques dans les camps nazis. Bouleversant.

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Après le déchirant Henry the Son, on se laisse emporter par l’instrumental The Townie Polka. Radie Peat demande s’il y a quelqu’un de Cork dans le public. Bingo ! Salonika, un air de la « vraie capitale » revisité, lui sera dédié. Un titre qui aborde la vie difficile d’une femme dont le mari est enrôlé dans l’armée britannique pendant la première guerre mondiale.

Il y a débat entre Radie Peat et Daragh Lynch (très en verve côté blagues avec son frère), sur le sens de The Turkish Reveille. On s’accorde sans peine sur la qualité de cette petite merveille piochée dans les archives. On s’accorde une reel pour une touche trad plus… traditionnelle avant d’enchaîner avec Cold of Fire, ballade à la guitare, violon et concertina, où l’on parle d’émigration forcée et de chômage endémique. Ecrite quelques mois avant le référendum sur le droit à l’avortement en Irlande, The Granite Gaze, single du second LP, fait dans le pamphlet contre l’Etat, “the mother that eats her own” (cette mère qui mange les siens »). Des paroles puissantes chantées avec fougue par Radie Peat, ravie du résultat d’un vote populaire qui change l’image de l’Irlande.

La chanteuse offre un autre pic émotionnel sur The Old Man from the Sea lors du premier rappel. On fait semblant de se quitter avec Billy O’Shea, ou les inconvénients d’être saoul, un festival d’harmonies vocales. 2e rappel et clap de fin, avec Sergeant William Bailey, sur la déchéance d’un soldat britannique. Un final enthousiasmant pour cette célébration sans fausse note d’un folk sans concession et viscéral.

 

 

 

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