On a (encore) pris l’Eurostar : Marc O’Reilly à The Islington, Londres

Le « troubadour » Marc O’Reilly faisait halte jeudi dernier au Islington à Londres. Puisant dans le folk et le blues-rock des seventies, le songwriter et guitariste hors-pair nous a, une nouvelle fois, fait une démonstration.

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Marc O’Reilly

Assister à trois concerts de Marc O’Reilly à Londres en un peu plus d’un an… Est-ce bien raisonnable ? Heu non… mais si, en fait, car  le songwriter mérite largement qu’on prenne un billet Eurostar pour le voir sur scène. Ses deux lives (en avril 2014 au Servant Jazz quarters et en novembre également au Islington) nous avaient laissée bouche bée. Car dans la catégorie « guitar hero », le musicien, originaire de Waterford et un peu facilement comparé à John Martyn, a toute sa place. Evidemment, cet amoureux de folk et de blues-rock des seventies nous fera une nouvelle et hallucinante démonstration lors de ce troisième round.

Le bassiste Mike O’Connell et le batteur Peter Byrne l’accompagnent mais l’excellent Albert Jones, son guitariste, manque à l’appel. La setlist donnera donc toute sa place au premier album, My Friend Marx, dont les chansons sont plus adaptées à un concert en solo. On commence donc à la guitare acoustique avec The Lord of war, pamphlet contre George Bush et la guerre en Irak. Et joie, on enchaîne avec An African Day (qu’il n’avait pas joué lors du set précédent), un instrumental inspiré de son séjour au Ghana en 2005. Et voilà qu’il tape sur sa guitare, assure un picking impressionnant sur le manche. C’est beau, à la fois techniquement et en terme de mélodie, très africanisante évidemment. La guitare se fait rageuse sur Get Back : du blues, avec un riff au crescendo entêtant, qui semble venir tout droit du Sud des Etats-Unis.

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Marc O’Reilly, Mike O’Connell et Peter Byrne

« Quelqu’un s’appelle Joe? » demande O’Reilly « Moi ! » répond une fille qui n’a pas bu que de la menthe à l’eau. Hilare, O’Reilly veut bien la croire et lui dédicace « le plus blues tu meurs » Tell Old Joe. Un peu de douceur, ensuite, avec le sublime Hail, une petite blague sur « l’athlète » Mike O’Connell et voilà une autre chanson dépressive (« vous allez en entendre beaucoup ») avec Letting go. On avait craqué pour la version avec Albert Jones mais O’Reilly, à la voix chaude et rocailleuse, se débrouille très bien, merci.

A la batterie Peter Byrne, très en forme, développe un jeu original et percutant sur The Scottish Widow. Il sera également impressionnant sur la Question, titre avec quelques paroles en français (la maman de Marc O’Reilly est originaire d’une ville en banlieue de Nantes). Sur scène, le morceau perd de son côté suave et chaloupé. Un peu désarçonné, on se laisse vite emporter par cette relecture plus rock. On repart tambour battant avec You never. « Tout le monde me dit que Reach Out,  fait très Status quo… Suis pas sûr d’apprécier la comparaison » Nous non plus car cette chanson sur la crise en Irlande est un petit bijou. Et c’est reparti avec la très politique Same side, où l’on se pince devant le jeu ultra rapide du guitariste extraterrestre. On finit avec The Wayward Sheperd, normal, le morceau le plus réussi du second album, Human Herdings. Avant de se quitter en douceur avec FOO (pas de Bleed avec la belle ligne de basse par Mike O’Connell, snif), O’Reilly raconte ses derniers mois mouvementés : “en novembre, j’étais déjà dans cette salle et deux semaines plus tard, je suis tombé très malade, je pense que le prochain album devrait être très déprimant. » Sortie prévue l’année prochaine (?) : on compte déjà les jours.

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