On y était : Roisin Murphy au Trabendo

Excentrique, fascinante : Roisin Murphy, l’ex-chanteuse de Moloko, est une diva et l’assume avec classe. Pour le plus grand plaisir du public du Trabendo, qui ne l’avait pas vue à Paris depuis huit ans.

Roisin murphy 1
Roisin Murphy au Trabendo, samedi 12 septembre

Mais non, Roisin, vous n’êtes pas vieille. En revanche, de l’humour, vous en avez. Samedi, au Trabendo, l’ex-chanteuse de Moloko débarque sur scène avec un fouloir sur la tête, un imperméable informe et un sac de mamie au bras. Seules les lunettes rectangulaires (pas sûre qu’elle puisse voir avec) détonnent et rappellent que Roisin est bien une diva. Une diva electro-pop-disco, classe et extravagante. Question style, elle pourrait donner des leçons à Lady Gaga. Elle alterne les costumes toutes les cinq minutes, s’accordant même plusieurs sorties de scène pour s’affubler, entre autres, d’une robe rouge spectaculaire ou une autre blanche, à la fois sexy et virginale.

Roisin Murphy 2Elle ose tout, même le vêtement arbre de noël qui rendrait ridicule n’importe-qui d’autre. La valse  pourrait être lassante (elle l’est de temps en temps) mais on l’accepte car elle est indispensable au personnage. On aime particulièrement les nombreux masques, parfois effrayants (celui à trois têtes), toujours poétiques. Comme pour signifier que la chanteuse a plusieurs personnalités et ne se livre jamais complètement. Le jeu de scène est rodé et diablement efficace. Le public, fidèle, adhère, d’autant que Murphy, vocalement affutée, est en grande forme.

Elle vient défendre Hairless toys, son troisième album solo sorti en mai dernier. En près de deux heures de concert, elle en joue la quasi totalité. Il est physiquement impossible de ne pas danser sur le syncopé Evil Eyes et l’imparable Gone fishing. On adhère moins à In sintensi et No Credere, slows un peu décadents chantés en italien. Gros coup de coeur pour l’entêtant  Simulation qui emballe le public. Roisin Murphy s’amuse à mettre des rubans rouges dans la bouche de ses guitaristes qui portent un casque issu du film Gladiator. En guise de batterie, on tape même sur une tête coupée. Du théâtre toujours. Les morceaux durent, durent, pour atteindre une sorte de transe. « Je destructure, je destructure, je destructure… ». On l’aura compris.  Et puis vient Exploitation dans lequel elle insère Sing it Back, tube de Moloko (le seul de la setlist), revisité dans un son plus  « club ». On jubile et on chante à pleins poumons. En guise de rappel, on a droit à un début en acoustique de Golden Era, une reprise de David Morales, pour finir dans une débauche de sons avec le très disco Familiar feeling. En revanche, elle fait l’impasse sur Overpowered, le titre phare de son second album. « Toute ma vie je n’ai cherché que le plaisir » nous assène-t-elle en fin de concert. Samedi, le plaisir était à l’évidence pour nous.

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