On y était : Bleeding Heart Pigeons au Workman’s club, Dublin

Is, le premier album des aventureux Bleeding Heart pigeons, a été l’un de nos (gros) coups de cœur de l’année 2016. On a évidemment accepté le rendez-vous donné par le trio de Limerick le 10 décembre dernier au Workman’s Club.

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Bleeding Heart Pigeons

Le dictionnaire donne la définition suivante concernant « Bleeding Heart Pigeons« . Soit des pigeons (Gallicolumba luzonica en latin) des Philippines avec un plumage bleu-vert, une gorge blanche maculée d’une tache rouge. Un cœur qui saigne donc, ou… brisé. En choisissant un nom pareil, le trio de Limerick prévient l’auditeur : les textes de ses chansons ne font pas dans la franche hilarité. Malgré leur jeune âge (la petite vingtaine), on parle désillusion, désespoir, isolement et peur de la mort…

Elevés à la campagne, Mícheál Keating (guitare / voix), Cathal Histon (synthés, samples et voix) et Brendan McInerney (batterie) se rencontrent à l’école de musique de leur village et forment un groupe depuis neuf ans. Un premier EP sur la tuerie du lycée de Columbine et ils sortent en 2016, Is, leur premier opus sous le label Virgin / Emi qui a reçu des critiques dithyrambiques (presque équivalentes à celles de l’opus de Girl Band). On aime le côté « aventurier musical » : un parfait équilibre entre pop expérimental, post-rock mélancolique  et envolées psychédéliques.

En ce 10 décembre au Workman’s club de Dublin, on a hâte de découvrir la version scénique. Les dublinois de Other Creatures, nourris aux Pixies et à Pavement, nous font patienter avec des titres qui tiennent bien la route comme Luxembourg ou Lady Boy. Quand Keating monte sur scène, on s’inquiète un peu. Il trimballe une machine, un « vaccum » indispensable après une vilaine opération.

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Ça ne l’empêche d’assurer le « show » (deux trois blagues pince-sans-rire) à lui tout seul : les trois musiciens (McInerney se cache presque derrière ses fûts) ne sont pas d’une exubérance folle. On a droit d’entrée à un nouveau titre. On préfère Easy Love, un titre récent également qui, à la première écoute, fonctionne plutôt. La voix puissante de Keating fait son effet sur le faussement joyeux O Happy Happy Happy qui se termine dans un déluge de guitares. Aux synthés, Histon enchaîne les nappes sur le mélancolique, atmosphérique et ultra-ambitieux Vapour.

Avec They’re Cutting Down The Old Oak Tree (sur un arbre qu’on sacrifie pour construire un bâtiment hideux), écrit par Keating à l’âge de 15 ans, ils tiennent un hit parfaitement radio-diffusable. De la pop, rythmée par un beat de batterie minimaliste et un riff de guitare imparable, immédiatement séduisante. Keating se casse la voix sur Sister, chanson poignante sur le suicide.

On aime évidemment Frozen, à l’intro « dreamy » et qui finit en harmonies vocales sur un son pop alternative très eighties. Deux titres (Keating oublie deux secondes les paroles de l’un d’eux) et on se retrouve lors du rappel avec l’indispensable et épique A Hallucination, qui pratique constamment la rupture de ton , entre pop et rock psyché grandiloquent. Le final fut beau, le set perfectible (se décoincer un peu peut-être ?), mais nos oreilles ont été largement rassasiées. Merci pour elles.

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