On y était : Bronagh Gallagher au Centre culturel irlandais (Chapel Session)

Samedi dernier, la diva soul Bronagh Gallagher était de retour en chapel session au centre culturel irlandais pour présenter Gather your Greatness, son nouvel album. La fille de Derry, en forme vocalement, avait mangé un clown. On vous raconte.

Dans une scène de Pulp Fiction de Quentin Tarantino, Bronagh Gallagher porte un t-shirt de The Frames, le groupe de son ami Glen Hansard (ils ont partagé l’affiche de The Commitments). Rien que pour ce « fait d’armes » , l’actrice-chanteuse, dont on avait détaillé le CV hollywoodien et au cinéma en général ici,  nous est immédiatement extrêmement sympathique. Son concert au Centre culturel irlandais, il y a deux ans, n’avait fait que confirmer cet a priori positif. Et cela se vérifie lors de cette nouvelle chapel session, où elle présente Gather your Greatness, son dernier album sorti en mai dernier. Heureuse d’être de retour à Paris (forcément « sexy »), elle enchaîne les blagues. Comme ce « T’es mignon, toi ». Soit la phrase de survie, pour une irlandaise et amatrice de vin français, qu’elle a apprise quand elle se formait à la comédie à l’école de théâtre Jacques Lecoq.

Mais parlons musique, car dans le genre « diva soul, chaleureuse et pas du tout impressionnante « , Bronagh Gallagher, auteure des textes de ses chansons, se défend plus que bien. Accompagnée par Cian Boylan à l’orgue électrique et Conor Brady à la guitare, elle apparaît dans sa « robe Liberace » (comprendre : recouverte de paillettes) pour entamer, piano, avec Greatest LoveLe public se met d’emblée à chanter sur l’imparable Can you hear me now ?. Un petit topo surréaliste sur son voyage mouvementé en train depuis Montbéliard, où elle et son groupe jouaient la veille et on savoure Shortcut,  issu de l’album précédent au titre éponyme (2012). Un morceau déchirant sur un amour déçu (la grande affaire de Bronagh Gallagher). Après Every Place, on a droit à un « hommage à Charlize Theron » dans Blanche-Neige et le chasseur « qui se transforme en corbeau quand elle est désespérée » (???) : cela donne Make it easier, chanson (avec des corbeaux dedans…) pour voir le bon côté de la vie.

Elle s’inquiète : « J’ai le droit de poser ma bouteille d’eau sur l’autel? Je suis une catholique, vous savez ». Et se marre: « mais je suis surtout une rockeuse ». Et ça tombe bien car elle continue dans l’ode, celle à Malcom Young, le célèbre guitariste d’ACDC disparu la veille. Un groupe qui l’a manifestement bluffée (« plus encore que Led Zeppelin« ) quand elle l’avait vu sur scène. « Moi aussi j’ai mes rockers chevelus », dit-elle à un Conor Brady chauve et hilare, avant d’entamer Lonely Girls, dédié aux cœurs solitaires. Voilà qu’elle se prend pour « le révérend Al Green », avec Love Will Find You, « mon hit gospel » avec un joli solo de Conor Brady en guise de cadeau bonus. Alors que l’assistance s’essaie au « Yeah » profond, avec plus ou moins de bonheur, on atteint une certaine apogée côté humour. « Il devrait y avoir une salle d’attente au purgatoire pour ceux qui font du mauvais jazz » : Amen, Bronagh.

On s’essaie aux claps avec Radio et on repose nos zygomatiques avec Hand on my heart et Here they go again, « une chanson de paix ». Fonzy (oui, de Happy Days..) est appelé à la rescousse pour amorcer Make a move. Beau moment avec I’ve been waiting, où plane l’ombre country de Dolly Parton et Hank Williams. La voix éraillée, ce qu’il faut de la fille de Derry, provoque des frissons. On enchaîne avec Stranger et Crimes, gros succès sur internet. Après Fool, on se retrouve évidemment pour le rappel : on a droit à So the story goes, un tout nouveau morceau convaincant, dont elle nous offre la primeur. L’émotion nous attrape quand elle nous raconte sa rencontre avec le grand poète Seamus Heaney. Ensemble, ils ont discuté de la situation en Irlande du nord (« il m’a ensuite envoyé une longue lettre que j’ai encadrée »). Bronagh Gallagher s’est inspiré de Ministry of fear du même Heaney pour écrire Not giving anything. Un peu de gravité inattendue en guise d’épilogue d’un set réjouissant de bout en bout.

PS : Du 29 décembre 2017 au 24 mars 2018, Bronagh Gallagher sera à nouveau à l’affiche de Girl From the North Country, écrit et mis en scène par Conor McPherson, sur la musique de Bob Dylan, au Noël Coward Theatre, à Londres. Hum, on a bien envie de prendre l’Eurostar…

 

 

 

 

 

 

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