On y était : The Divine Comedy à l’Olympia Theatre, Dublin

Le 8 et 9 décembre, The Divine Comedy donnait, à la maison (Olympia Theatre, Dublin), les derniers concerts de sa tournée d’automne. Ce fut poignant, ce fut drôle, ce fut parfait. Du pur Neil Hannon.

« Let’ do some drama » balance Neil Hannon, le frontman de The Divine Comedy, dans ce bel Olympia Theatre au décor baroque. On goûte l’ironie, espoir d’un show réjouissant auquel le groupe nous a maintes fois habituée. Et on ne sera pas déçue à l’issue des deux concerts qui mettent un point final à la tournée d’automne, le 8 et 9 décembre. La setlist ne fera pas dans la redite, car composée de titres incontournables, certes, mais d’autres pas entendus aux Folies Bergères, (live report ici), lors du dernier passage de la bande à Paris. On retient en priorité le deuxième soir, où l’humeur ira du poignant à la fantaisie second degré.

Thomas Walsh (Pugwash), le « complice in crime » de Neil Hannon avec The Duckworth Lewis Method, ouvre le bal. Le grand gaillard, à la voix claire et à l’humour mordant, charrie son ami (« il a fait exploser mon groupe en me volant mon guitariste, Tosh Flood) mais surtout livre une pop impeccable (The Perfect Summer, Without You, du dernier album sorti cette année) à la Beatles.  D’ailleurs le 8 décembre, date anniversaire de l’assassinat de John Lennon, Thomas Walsh rendra hommage au célèbre scarabée avec une reprise bien sentie de Yoko.

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Entracte et à 21h pile, on entend Carly Simon entonner Nobody Does It Better, le thème du James Bond, L’espion qui m’aimait. Une introduction toute « en modestie » donc pour Neil Hannon and Co. Manteau sur le dos, le dandy de la pop orchestrale commence piano avec Down in the Street Below (au final très cabaret). Après To Die A Virgin, on enchaîne logiquement avec Generation Sex (et son intro en italien), où Hannon s’empare d’une caméra pour filmer le public et le groupe (un hommage au Voyeur de Michael Powell ??). On continue dans les « oldies », avec l’imparable et désabusé Becoming more Like Alfie. 

On pioche dans Foreverland, le dernier album en date avec la merveille To the Rescue, chanson pleine de cordes à l’origine et dédiée à sa compagne la chanteuse Cathy Davey. Neil Hannon, le « nordie » (fichu Brexit…) qui jusque là est resté plutôt sage, s’allonge sur une table et chante la tête à l’envers, la plus rare et nostalgique  (sur son enfance ) Summer House. Emouvant de simplicité.

« Parlons de Dieu maintenant » rigole Hannon qui enchaîne Don’t Look Down, The Plough (avec un Neil Hannon tapant sur une machine à écrire, répondant au téléphone et se baladant avec … un poignard). Cette trilogie « plus sombre » s’achève, à la bougie, avec le bouleversant Eye of the Needle (They say that you’ll hear him / if you’re really listening /And pray for that feeling of grace /But that’s what I’m doing, why doesn’t he answer? /I’ve prayed ’til I’m blue in the face…)

Nouvelle déclaration d’amour à Cathey Davey avec la très « grand empire » et toute en clavecins Catherine de Great. Bad ambassador, Everydody knows : on s’offre une salve de  standards, enluminés par Tosh Flood et ses guitares glitter. On a droit ensuite à un festival d’accordéon avec Where do you go my lovely ?, Neapolitan Girl et surtout le chef-d’œuvre et très applaudi, le cruel et décadent A Lady of a certain age. 

Neil Hannon n’aime pas la morosité sur scène : nouvel exemple, quand il se transforme en barman (idée de génie, ce décapsuleur intégré au tiroir de sa table) sur la musique du… Parrain (modestie toujours). A Paris, il avait distribué bières et autres alcools à ses collègues sur le très easy listening Spanish Flea du trompettiste Herb Alpert. On se marre, c’est du grand Neil Hannon. On l’aide à descendre de scène pour son désormais habituel happening sur Our Mutual Friend : le showman pince-sans-rire « flirte » avec une spectatrice et « s’évanouit » aux pieds de la demoiselle. Hilarité générale.

Les musiciens livrent un long final, le temps que Hannon se change et revienne en costume de Napoléon, histoire d’interpréter l’ironique Napoleon Complex (Foreverland). Dans la salle, on bouge enfin son corps au son de How Can You leave Me On My Own ?. Lorraine Wilson, la femme de Tosh Flood, arrive déguisée en chanteuse d’ABBA pour interpréter Waterloo (référence napoléonienne) avec Hannon, qui connaît moyennement les paroles. La salle exulte et restera debout avec les festifs Something for the week-end, Indie Disco (brillant mash-up avec Blue Monday de New Order), I Like et l’inévitable National Express.

On se quitte trois minutes pour se retrouver avec Sunrise et le rigolo Feliz Navidad (Noël oblige), où la voix de Hannon (en grande forme les deux soirs) devient presque Bruce Springsteenienne. On ne peut pas se dire au-revoir sans Songs of Love et le trop évident Tonight We fly. On exulte dans la salle, conquise par ce mélange assez magique d’émotion et de pur fun. Neil Hannon, ce sorcier.

 

 

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