On y était : Glen Hansard au Trianon, Paris

Au Trianon, à Paris, notre « Valentin » Glen Hansard a donné 2h30 d’un show généreux et énergique. La routine en somme de la part d’un des meilleurs performers irlandais.

Il n’y a pas mieux que Glen Hansard comme antidote au 14 février, journée honnie par les célibataires, ultra-guimauve et bassement commerciale. Hasard du calendrier, le « troubadour » sera donc notre « Valentin ». « Si vous voulez des chansons d’amour heureux, vous risquez d’être déçus » se marre d’avance Hansard en entamant son set au Trianon, à Paris. Car il est surtout question de romances qui finissent mal en général sur le nouvel, et un poil décevant, album, Between Two Shores. Dans la tracklist, on aime Roll on Slow, beau moment de bravoure, à la fois rock et groovy, habilement enchaîné sur scène avec Gloria, du groupe Them.

En parlant de setlist, mis à part deux ou trois titres récents, elle ne diffère pas beaucoup de celle du « date » donné à la Cigale le 29 septembre 2015. Hansard revient cette fois encore avec son big band au complet dans un décor vintage très New Orléans. Le batteur Graham Hopkins est à nouveau aux abonnés absents. Earl Harvin le remplace avec efficacité à défaut d’avoir la même complicité avec le leader de The Frames. Les cuivres assurent plus d’une fois le show notamment sur When your mind’s made up, titre écrit à quatre mains avec Marketa Irglova pendant la période The Swell Season.

Sa reprise de Vigilante Man de Woody Guthrie, où il taille un costard à Donald Trump en ajoutant des paragraphes sur le fameux Mur entre le Mexique et les Etats-Unis, la Corée du Nord et les habitudes alimentaires du président à toupet, est une petite merveille. On aime toujours autant Gold, joué souvent en acoustique et qui prend ici des enluminures, Bird of Sorrow, chanson dédiée à sa mère, le très bluesy Way Back in the Way Back When. A signaler également les teintes gospel de Mercy avec le final Star Star, un tube de The Frames et le beau concerto entre les cuivres et Hansard sur Didn’t I ramble.

Glen Hansard laisse le micro au grand et attendrissant tromboniste, Curtis Fowlkes, qui chante seul le très soul Wedding Ring, sur les aléas du mariage. Lowly Deserter, tout en mandoline, nous séduit toujours autant alors qu’on aimerait qu’un jour Glen Hansard oublie le trop sentimental Falling Slowly (ça ne risque pas d’arriver, vu le nombre de smartphones en mode vidéo dans la salle). A part une petite leçon de français avec My Little Ruin, jolie ballade sur un ami qui fait toujours les mauvais choix,  la star du soir est étonnamment sobre, côté « interaction avec le public ». Ce grand bavard s’en tient au strict minimum pour introduire Shelter me, sur un jeune SDF qu’il a rencontré lors de la réquisition de Apollo House à Dublin et fait l’impasse sur sa soirée « romantique » avec la songwriter folk Lisa O’Neill qui a donné McCormack’s Wall aux accents « musique traditionnelle ». Fitzcarraldo, hit imparable de The Frames, est censé servir d’épilogue à une déjà belle soirée.

Evidemment, un autre concert commence lors du long rappel (au point qu’on a abandonné l’idée de noter les titres de la setlist…). Mani Khoshravesh (ney : flûte), Nima Khoshravesh (setar : cordes pincées), Pouya Khoshravesh (Kemanche : cordes frottées), les musiciens iraniens qui nous avaient envoûtés lors d’un concert solo d’Hansard au Centre culturel irlandais le 12 juillet dernier (voir ici), sont de retour. Et c’est à nouveau du miel dans les oreilles grâce notamment un titre orientalisant et planant enregistré cet été. Le folkeux Eamon O’Leary, qui a assuré la première partie avec la contrebassiste Bridget Kearney, passe également faire coucou, pour un beau moment d’americana et on donne de la voix sur Heyday de l’ami et regretté Mic Christopher. On regarde nos montres : 2h30 de concert. L’un des meilleurs performers irlandais, dans la lignée d’un Bruce Springsteen, s’est montré une nouvelle fois grand seigneur. On n’en attendait pas moins de lui.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s