Top : les 15 (ou 19) meilleurs albums de 2018

Quoi, on est en retard ?! Oh si peu… OK, OK. 2018 s’achève et il est grand temps de s’atteler à notre Top 2018. « Encore un top ?? » Et oui, parce que pour certains des artistes cités juste en dessous, on n’avait pas disséqué leurs albums en profondeur. Le choix a été compliqué mais voici ce que l’on a retenu de l’année 2018. Musique trad revisitée, folk, pop, hip hop, electro pop… : ce classement (on aurait aimé éviter de mettre un ordre précis mais comme c’est la règle…) reflète à nouveau la vitalité et la diversité musicale de l’Île d’Émeraude. Allez, place au top !

15- Slow Moving Clouds – Starfall / The Hedge Schools – Magnificent Birds

Slow Moving Clouds, avec ses influences scandinaves et ses sonorités à la Sigur Ros, renouvelle album après album la musique trad. Nouvel exemple avec son dernier né, une merveille d’audace. On se laisse aller à la mélancolie et à l’épure de Magnificent Birds, du folk planant et émouvant (la ligne de piano sur Oncoming…) signé The Hedge Schools. De magnifiques oiseaux, indeed.

 

14- Just Mustard – Wednesday

Le Shoegaze n’est pas mort, la preuve avec Just Mustard, un quintet de Dundalk, qui avec son premier album signe un coup de maître. De beaux riffs de guitare, un peu de post punk ça et là, une ambiance atmosphérique… Bref, tout cela est très prometteur.

13- Ciaran Lavery – Sweet Decay

Le prolifique songwriter nord-irlandais revient avec un album folk, sombre, aux sonorités à la Bruce Springsteen, et avec des invités de choix comme Saint Sister. on aime particulièrement  Beast at My Door, où il parle de sa bataille contre la dépression.

12-Marc O’Reilly – l’Être Politique

Ou le « Français » du top !  On aime toujours autant le franco-irlandais au blues rock addictif. Le jeu, étourdissant, de guitare de O’Reilly lorgne vers Led Zeppelin (Enemy Of) et surtout est au service d’un état des lieux peu glorieux du monde.

11-Robert John  Ardiff – Between the Bed and Room

Enregistré en partie au Centre culturel irlandais, ce très personnel premier essai en solo est une réussite de bout en bout. On adore l’ouverture The Sun Don’t Shine, classique gospel enivrant. Place ensuite à de l’indie-folk classieux et atmosphérique, où la voix de Robert John Ardiff, échappé un temps du groupe Come On Live Long,  émeut sans forcer.

10- Spies – Constancy

Spies n’avait pas donné de nouvelles depuis, son premier EP  Liars Call me King, sorti en … 2010. Pour des raisons personnelles, le quintet dublinois a donc pris son temps pour sortir son premier album. Le résultat, une irrésistible indie electro-pop, valait largement l’attente.

9 – Elephant – 88

Shane Clarke, multi-intrumentiste de Dundalk, a voulu son album comme  » une réflexion cathartique sur la souffrance et la perte ». Un LP auto-portrait donc, sous influence Prince et The War on Drugs par moment. Et puis réhabiliter le saxophone dans le brillant Waiting Game, rien que pour cela, cela vaut une médaille…

8- O Emperor – Jason  / The Spook of the Thirteenth Lock – Lockout

Troisième et surtout dernier album de O Emperor qui aura marqué de son audace la scène irlandaise. A l’écoute de ce dernier opus, brillant et déroutant (le vocoder sur le sexy Girl par exemple), à la fois jazz, pop, afro-beat, on ne peut s’empêcher d’être triste de voir le quintet fermer ce chapitre. Dans un genre plus rageur et politique, il y a Lockout (seulement 4 titres mais chacun d’une durée minimale de 9 m 29 ) par The Spook of the Thirteenth Lock. Un album engagé donc qui relate le fameux « lockout » de 1913 ou la révolte des ouvriers dublinois  menée par Jim Larkin et James Connolly. Puissant et épique.

 

7- Cloud Castle Lake – Malingerer / Kojaque – Deli Daydreams

Premier album pour Cloud Castle Lake et c’est une claque. Le quartet dublinois est à l’évidence sous l’influence de Radiohead et Sigur Ros, ce qui n’enlève rien à l’originalité de leurs compositions. A suivre de très, très près, donc. Dans Deli Daydreams, Kojaque raconte la vie sur une semaine d’un employé d’un delicatessen. Du hip hop ultra-élégant.

6- Hilary Woods – Colt / Rejjie Snow – Dear Annie

L’ex-bassiste du groupe JJ72 a pris son temps pour livrer son premier album solo, où le piano est roi, sorti sous le label  Sacred Bones Records. On est ici très loin de la pop qui avait fait le succès du groupe de 1996 à 2003. L’ambiance est beaucoup plus dark, ténébreuse et atmosphérique. C’est minimaliste, entêtant, lynchien. Dans un genre totalement différent, le premier album de Rejjie Snow est une petite bombe, du hip hop rageur où la notion d’identité est centrale. Fier d’être irlandais, il reprend même une chanson pop nationale, le suggestif The Steady Song des Republic Of Loose. Jamais là où on l’attend.

 

5- Brigid Mae Power – The Two Worlds

Trésor caché de la scène folk irlandaise, Brigid Mae Power séduit par son jeu de guitare minimaliste et surtout par un chant falsetto qui met les poils. Du folk dreamy, supervisé par son mari Peter Broderick, qui puise chez Karen Dalton, Joni Mitchell, personnel et politique ( le féministe Don’t Shut Me Up (Politely) ). 

4- Paddy Hanna – Frankly, I Mutate

Charismatique sur scène, Paddy Hanna est dans la lignée d’un Jarvis Cocker. C’est surtout l’une des grandes révélations de cette année. Supervisé par Daniel Fox du groupe Girl Band, ce nouvel opus en solo à l’écriture ciselée lorgne vers Burt Bacharah (irrésistible et poppy Bad Boys) ou l’americana largement revisitée (Ida). Le dublinois aime également faire le show avec sa voix de crooner. Bref, Paddy Hanna a tout pour plaire et durer.

3- Lisa O’Neill – Heard a Long Gone Song

Le folk selon Lisa O’Neill n’est surtout pas bien élevé. Il se doit d’être âpre et revêche, tout en touchant au cœur. C’est tout cela ce quatrième album de Lisa O’Neill, à la voix cabossée et intemporelle et qui n’a peut-être jamais autant revendiqué ses racines (l’épique Along The North Strand, une murder song qui se termine en jig). Enregistré en France par David Odlum de The Frames, la fille de Cavan s’est entourée de Radie Peat (Lankum), à la voix reconnaissable entre mille, du maestro de la concertina Cormac Begley, du joueur de bouzouki Libby McCrohan et du multi-instrumentaliste Christophe Capewell. De bonnes fées donc pour cet opus, l’un des plus abouti et habité de son auteure.

2- Saint Sister – Shape of Silence

Après avoir succombé à Madrid, leur premier EP sorti en 2015, on attendait avec impatience le premier album de Gemma Doherty (harpe) et Morgan McIntyre (voix et machines), deux nord-irlandaises qui se sont rencontrées sur les bancs du Trinity College à Dublin (en même temps qu’un certain Hozier). L’attente n’a pas été vaine : leur « atmosfolk », mélange de folk irlandais, sixties, d’harmonies vocales, et de sons électro, est ultra-séduisant. Twin PeaksSteady et Causing Trouble, titres à la Daughter, sont des hits instantanés. On aime des titres plus épurés comme Tir Eile, où leur chant fait merveille et elles laissent parler leurs racines irlandaises. Ces filles-là vont faire de grandes choses.

 

Et le grand gagnant est …

1- Villagers – The Art of Pretending To Swim

Conor O’Brien (Villagers à lui tout seul) est ce qui est arrivé de mieux à la scène irlandaise depuis dix ans. Avec ce quatrième album studio, il a pris le risque de désarçonner le fan originel en insufflant des teintes électroniques dans son folk intimiste. Il voulait d’ailleurs à l’origine faire un album entièrement électro. On pourrait penser que O’Brien cède à une certaine mode. On aurait tort. Le résultat est un addictif et sublime entre-deux. A Trick of a Light est un classique instantané. Le poppy Fool reste dans la lignée de ce qu’il a produit, aux antipodes du plus audacieux Again. On aime également l’usage des cuivres sur Real Go-Better. Conor O’Brien refuse de se reposer sur ses lauriers. On l’en remercie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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