On y était : Ensemble Eriu au Centre culturel irlandais

Avec The Gloaming, Triur ou This is how we fly, Ensemble Ériu apporte un vent de fraicheur à la musique traditionnelle. Le septet qui réunit des musiciens de tous horizons a pu montrer sa virtuosité hier soir au Centre culturel irlandais.

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Ensemble Eriu, en concert au Centre culturel irlandais

La musique traditionnelle irlandaise connaît un vrai bouleversement depuis quelques années. Et l’Ensemble Eriu, formé en 2011, n’y est pas pour rien, lui qui a reçu ce dimanche le Gradam ceoil de « la meilleure collaboration musicale de l’année », un prix décerné par TG4, la chaîne en langue gaélique. Le groupe, adoubé par Martin Hayes himself (The Gloaming) qui l’a invité aux Masters of Tradition à Bantry House en août dernier, a signé en 2013 un album sobrement intitulé Ensemble Eriu (Raelach Records) et encensé par la critique. Celui-ci contient six titres, joués auparavant par le « piper »Willie Clancy, le fiddler Bobby Casey, John Kelly et l’accordéoniste Joe Cooley, complètement ré-interprétés. La virtuosité de ces jeunes musiciens ne fait aucun doute, si on considère leur performance hier soir au Centre culturel irlandais.

Ils sont sept sur scène, emmenés par Jack Talty (concertina) et Neil O’Loghlen (contrebasse et flûte) :  Matthew Berrill à la clarinette, Jeremy Spencer au violon, Maeve O’Hara à la marimba, Paddy Groenland à la guitare et Matthew Jacobson derrière sa batterie. Dès les premières mesures, on sait déjà qu’ils vont nous emmener ailleurs. S’ils puisent, entre autres, dans le patrimoine du nord et de l’ouest du comté de Clare, il n’est pas question de faire du surplace. La marimba, instrument surtout utilisé en Amérique du Sud, apporte des accents world, la clarinette se charge des notes jazzy. L’expérimentation, jamais aride, est toujours joyeuse, méditative parfois et se fait par touches subtiles et subliminales. On a rarement entendu des claps comme amorce d’un morceau traditionnel (Jurna) par exemple… C’est inventif, très beau et enlevé comme peut l’être toute reel qui se respecte.

La structure est souvent la même : on commence avec la concertina, la flute ou la guitare, les autres instruments viennent ensuite s’ajouter. Le son devient alors presque sauvage et cacophonique, mais dans le bon sens du terme, pour un final tout en douceur avec le premier instrument. Souvent, la suite prend l’auditeur de court en s’arrêtant net. En concert, les morceaux semblent avoir été remaniés au fil du temps. Coup de cœur pour April’s fool et The West Clare Reel, des modèles d’écriture. On aime également les deux morceaux inspirés par deux tableaux du peintre originaire de Sligo, Jack B Yeats. Ensemble Eriu va bientôt collaborer avec Tony Mac Mahon (la légende de l’accordéon, atteinte de la maladie de Parkinson, pourtant hostile à l’expérimentation), sur son album intitulé Farewell to Music. Une consécration pour un groupe déjà star et franchement étourdissant sur scène.

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