On y était : Kila au centre culturel irlandais

Le soir de la Saint-Patrick, Kila mettait le feu au centre culturel irlandais. Les huit musiciens venaient avec leur nouvel album, de la musique traditionnelle largement revisitée, en mode ska, world et rock.

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Kila, le soir de la Saint Patrick

17 mars, sous la tente installée dans la cour du CCI. « On n’était pas venu au Centre depuis…  » Ronan O’ Snodaigh, le leader de Kila n’a pas le temps de finir sa phrase : « deux ans, à la fête de la musique » lui lance-t-on dans le public. Un fan visiblement impatient de revoir le groupe chargé de clore les quatre jours de festivités de la Saint Patrick au Centre culturel irlandais (Ah les lumières vertes des arcades…).

Depuis 1987, les huit musiciens  qui viennent d’univers très différents ne cessent de dépoussiérer la musique traditionnelle. La preuve récemment avec leur bande-son du très beau film d’animation Song of the sea de Tomm Moore… Avec ce groupe à géométrie variable (le fiddler Colm Mac Con Iomaire fut l’un des membres fondateurs avant de rejoindre en 1991 Glen Hansard et The Frames), le puriste celtico-celtique n’y retrouvera pas ses petits. Les Pogues l’ont fait avec leur punk attitude. Du côté de Kila, leur musique est un pont entre l’Irlande, la Jamaïque et l’Afrique.

Et leur nouvel album, à la fois instrumental et chanté et où domine le uilleann pipe de Eoin Dillon, ne fait pas exception. Si on a eu évidemment droit à quelques titres incontournables (Luna Park de l’album éponyme est une vraie tornade), plus de 70% de Suas Sios, leur nouvel  LP (le 10e sorti en décembre dernier)  sera joué ce soir là. On aime Jigs, entraînante, évidemment et qui commence au saxophone. Les percussions donnent un son résolument différent. Viendra plus tard l’imparable Abair, avec cuivres, percussions et l’infatigable Ronan O’ Snodaigh au chant. C’est à la fois hip-hop, du pur sean-nos, électro et world et c’est au final assez magique.

Lenth of space laisse d’abord parler la guitare basse avant que le uilleann pipe reprenne les commandes et ça fonctionne parfaitement. Grop coup de cœur pour Am, aux accents arabisants. En guise de quasi-final, on savoure le très riche Skinheads, peut-être le titre le plus réussi de l’album, avec une combinaison guitare-flûte en introduction avant que le uilleann pipe ne se déchaîne. La guitare prend ensuite des accents hispanisants. Oui, tout ça dans un même morceau.

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Eoin Dillon et Ronan O’ Snodaigh

Mais, parlons du cas, Ronan O’ Snodaigh, au charisme assez incroyable (et poète à ses heures). Regard habité, voix rocailleuse et allure hippie, il assure le show comme personne. Il alterne les percussions et les bodhrans dont un assez bizarre, rafistolé avec du scotch qui ne voudra d’ailleurs pas fonctionner. Pas très grave, car l’énergie déployée par toute la bande a largement compensé ce mini-raté et réconcilié le plus rétif à la musique traditionnelle. On n’attend pas encore deux ans avant de se revoir ?

Et un extrait issu de leur 10e album :

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