On y était : Glen Hansard (w/ Mark Geary) à la Cigale

Didn’t he Ramble, son deuxième album solo, à peine sorti, Glen Hansard faisait la première date de sa tournée européenne, hier à la Cigale. Un concert parfait par ses imperfections. Avec également le très émouvant Mark Geary, en première partie.

Glen Hansard, à la Cigale, le 29 septembre
Glen Hansard, à la Cigale, le 29 septembre

« Happy songs make me sad ». Avec des textes pareils, Mark Geary a quelques arguments pour nous plaire. Ce soir, à la Cigale, le songwriter, originaire de Dublin mais basé à New-York, a la lourde tâche d’assurer la première partie de Glen Hansard (il l’avait déjà fait en 2010). Défi relevé et largement gagné. Mark Geary, dont le 5e album est prévu pour cet automne, n’en revient pas de l’accueil qu’il reçoit : « Hier à Berlin, on repartait en guerre », rapport au volume sonore dans la salle. Accompagné de la chanteuse Grainne Hunt, il nous sert de belles ballades folk, dont une boostée avec un son plus rock. Quelques blagues et voilà qu’il émeut aux larmes en évoquant sa mère, décédée quelques jours plus tôt. Bouleversé, il reçoit un tonnerre d’applaudissements en guise de soutien. Il enchaîne comme il peut avec un titre hommage à cette mère qui adorait la country car « on y parle d’alcool et de mariages brisés ».

Mark Geary et Grainne Hunt, en première partie
Mark Geary et Grainne Hunt, en première partie

Glen Hansard monte sur scène une heure plus tard, commence piano avec Philander et Just to be the one et dédie évidemment Winning Streak, une chanson d’ « encouragement » issue de son très beau nouvel album, à son ami endeuillé. O surprise, à part Rob Bochnik à la guitare, les autres membres de The Frames n’ont pas fait le déplacement. Quoi, pas de Graham Hopkins à la batterie ni de Colm Mac Con Iomaire au fiddle (pas de McCormack’s wall qui finit en jig, donc)? Mais pourquoi??? En lieu et place, une nouvelle pianiste, violoniste, violoncelliste et un contrebassiste, avec lesquels il faut créer une vraie complicité. C’est la première date de la tournée européenne et tout n’est pas en place. On sent une certaine fébrilité mais curieusement, voir Glen Hansard, expérimenter, tenter des choses, chercher ses guitares trente secondes en coulisses, et bien c’est plutôt réjouissant. Il donne des indications de notes à ses musiciennes : « Elles font du classique, trop facile pour elles » se marre-t-il et nous avec. « the music is written in the sky ».

Glen Hansard
Glen Hansard

On aime la suave  My Little Ruin, inspirée du film les Diaboliques de Henri-Georges Clouzot (si, si) sur « un ami qui rate tout ce qu’il entreprend ». Vient l’inévitable When your mind is made up qui fait trembler la salle. Pour le final avec les cuivres, le public est à genoux. On reprend son souffle avec Bird of Sorrow et Glen Hansard reste seul sur scène pour Leave, Revelate (titre de The Frames qui sonne très bien en acoustique) et Astral Weeks, une reprise rageuse de la chanson de Van Morrison (« qui vient de fêter ses 70 ans »). Et là, on réalise le pouvoir du guitare-voix et le charisme du bonhomme : sublime.

Lowly Deserter gagne en instruments et la salle fond pour l’un des morceaux les plus irrésistibles du nouvel album. C’est l’hystérie quand les cuivres emmenés par le tromboniste Curtis Fowkles entament le final. Leur magie opèrent également sur Her Mercy, avec Père Glen en maître de choeur. Moment attendrissant quand celui-ci s’efface et souffle les paroles de Wedding ring à l’oreille de Curtis Fowkles.  Pour le rappel, on a droit à une belle reprise de White Sulfur, un titre de feu Jason Molina (Hansard lui a consacré un Ep-hommage sorti cette année) . On n’échappe ni à Falling Slowly ni à Gold, en acoustique et rythmée par les coups de pieds sur le sol du public. Celui-ci réclame Say it to me Know et est exaucé : et c’est une autre décharge d’adrénaline.  The Auld Triangle  clôt évidemment ce set mémorable. Glen Hansard fait monter sur scène un jeune homme au premier rang qu’on croit inconnu  et là, c’est la claque, il chante plus que bien (en fait il s’agit du songwriter Matthew McDaid). Alors que tout le staff défile pour chanter un couplet, le public entonne le refrain à pleins poumons, c’est beau, et comme toujours très émouvant avec cette chanson magique. Après 2h15 de concert quand même, on ne veut pas se quitter. Glen Hansard est un sorcier.

http://www.setlist.fm/setlist/glen-hansard/2015/la-cigale-paris-france-5bf4c3e8.html

Setlist pas du tout respectée...
Setlist pas du tout respectée…
Publicités

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Je n’aurai pas pu mieux ecrire sur ce concert !
    C’était juste tellement bon!
    Et je pense que de tous les concerts que j’ai pu vivre dans ma toute petite vie, l’interaction entre le public et les artistes n’a jamais été aussi magique!
    J’ai pu croisé Mark Geary après le show. Ce type est phénoménal!
    Je n’oublierai jamais cette soirée si unique…
    Merci pour ce bel article!

    J'aime

    1. craicntracks dit :

      Belle rencontre également avec Mark Geary après le concert. Glen Hansard est un immense performer et chaleureux, ce qui est un énorme plus ! Merci pour votre commentaire. ça m’encourage 😉

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s