On y était : Rhob Cunningham et Inni-K au Centre culturel irlandais (Chapel sessions)

Après Liam O Maonlaí il y a trois semaines, c’était au tour de Rhob Cunningham et Inni-K d’assurer une Chapel session au Centre culturel irlandais hier soir. Soit un « troubadour » fantasque et de l’indie-folk aérienne et inspirée.

Rhob Cunningham en concert au Centre culturel irlandais
Rhob Cunningham en concert au Centre culturel irlandais

Pour l’avoir vu en première partie de James Vincent McMorrow et de Villagers, on savait déjà à quoi s’attendre avec Rhob Cunningham. Et on n’a pas été déçue lors de son concert, hier dans la chapelle du Centre culturel irlandais. Le garçon est fantasque, un peu « perché » nous souffle-t-on, mais c’est aussi pour ça qu’on l’aime. Le « troubadour » ne tient pas en place et a le bon goût de ne pas se prendre au sérieux. Il pourrait car sa musique, un folk sensible où il libère son talent de raconteur d’histoire, vaut largement le détour.  Des trois albums qu’il a sortis, on aime particulièrement The Window and Day, produit par l’islandais Valgeir Sigurðsson (qui a travaillé avec Bjork, Feist et Sigur Ros).

On a évidemment droit à l’un de ses titres phare, Ghosts / the curtain où sa voix de falsetto fait merveille, après le très beau Nature’s Way. En résidence pendant encore un mois au Centre culturel irlandais, le songwriter, désormais basé à Berlin, n’a pas chômé et livre Dublin City, un nouveau morceau qui rappelle le folk traditionnel irlandais. « Alors que la Seine est à 5 minutes de là, à force de déambuler, j’ai mis trois heures pour y accéder. » On n’est pas étonné… « Sur le quai, j’ai vu du marbre du Connemara, une jeune femme qui donnait à manger aux oiseaux et puis, je suis tombé » nous raconte-il alors que le public se marre. Au final cela donne une chanson sur Paris avec une tentative approximative de texte en français (« je reconnais que tu es gentille »).

Le batteur Brian Walsh, qui fait partie du groupe d’Inni-K, le rejoint pour une sublime version de You Contender. Cormac O’Brien, contrebassiste pour la chanteuse, monte également sur scène pour The Early Stage, une love song, triste, forcément, que le poète Paddy Bushe, également en résidence au CCI, a traduit en gaélique. On savoure les yeux fermés avant de (presque) se quitter, avec la perle, Quiet Song. Et il part, nonchalant, en entonnant a capella, The Hangman’s fee, un classique americana aux paroles peu réjouissantes, de John Jacob Niles. Oui, décidément Rhob Cunningham n’est pas banal…

Inni-K
Inni-K

Inni-K prend le relais, avec sous le bras son premier album, supervisé par le grand producteur Stephen Shannon (qui a notamment œuvré pour Adrian Crowley). C’est parti pour de l’indie-folk aérienne (on pense à Feist, en plus mélancolique) qu’on adore depuis quelque temps déjà. Nous étions présents pour le lancement du LP à Cork (report ici), on est heureuse de retrouver la songwriter de Kildare quelques mois plus tard dans un lieu où sa voix cristalline, très en forme hier soir, peut bien s’exprimer. On a eu droit ce dimanche à un premier rendez-vous chez Break Art Mix (concert en appartement, cosy, accompagné de pancakes), deuxième round donc hier au CCI. Inni-K est plus réservée que l’extraverti Rhob Cunningham, ça ne l’empêche pas de séduire l’assistance dès la première chanson, Gentle Star, l’un des deux titres avec Love Song, écrits en hommage à son père décédé il y a cinq ans. Elle commence au piano, bientôt rejointe par Brian Walsh et Cormac O’Brien, au jeux délicats.

Sur Flower relay (une de ses nombreuses références à la nature), elle s’essaie au human beat box et ça fonctionne parfaitement. On enchaîne avec DNA où la multi-intrumentiste (elle joue du ukulélé sur ce morceau) s’interroge sur le destin qui change en fonction du lieu où l’on vit. Petite tentative de faire participer le public avec Find you beat, inspirée de son séjour à Dingle, village de l’ouest de l’Irlande, et surtout d’un cours d’eau (nature toujours). « Suis ton propre rythme » dit la chanson, elle-même au tempo efficace et très réussi. Originalité pour un essai pop : les paroles sont en gaéliques, Inni-K étant attachée à ses racines.

Inni-K et son groupe
Inni-K et son groupe

Retour au clavier pour The King has two horse’s ears (qui a donné son nom à l’album) sur la célèbre légende du roi aux grandes oreilles. On a droit à de belles harmonies vocales grâce à la présence de Louise Mochia, une choriste du spectacle Rian, lancé par… Liam O Maonlaí et où Inni-K a officié. Autre référence littéraire avec Player Queen, qui reprend un poème de W.B Yeats, rien que ça. Après Sweet Geranium, la chanteuse se lance dans une « working song », en gaélique écossais,  qui donnait du courage aux tisseuses du tweed. Le public tente, deux secondes, de suivre le rythme très rapide du chant : un vrai moment de bravoure. On fond à l’écoute de Hold Tight, le second single aux accents jazzy et mélancoliques sur un amour déçu. Les accents africanisants de Come with me  revivent grâce au mélange des voix avec la choriste. On répond à l’invitation de ce premier single, poppy et euphorisant. On en espère une autre, d’invitation, et très vite.

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