On a vu : Sing Street ou le feel-good movie so eighties.

Après avoir raflé tous les prix au festival du film britannique de Dinard, Sing Street déboule enfin dans les salles françaises, ce mercredi. Le réalisateur John Carney (Once, New York Melody) parle à nouveau musique dans une chronique adolescente réussie, sur fond de Dublin des années 1980. Pour les fans de Talking Head, The Cure and Co mais pas que…

sing-street

John Carney nous avait emballée avec Once, balade dublinoise fauchée de deux aspirants musiciens, Glen Hansard et Marketa Irglova qui formaient à l’époque le groupe The Swell Season. Il nous avait ensuite perdu avec New York Melody, emmené par une Keira Knightley, pas du tout crédible en guitariste et songwriter folk. Le cinéaste s’est même autorisé une petite pique vis-à-vis de son actrice-star avant de s’excuser… Avec Sing Street, l’ex-membre de The Frames a posé ses caméras à Dublin, à la maison donc, et revient à des préoccupations plus personnelles.  Et c’est une réussite, dans la modestie de son ambition. Il signe une chronique adolescente entre noirceur et légèreté et qui ne roule jamais des mécaniques.

On plante le décor : Conor (Ferdia Walsh-Peelo) gratouille sa guitare dans sa chambre, pendant que ses parents ne cessent de se disputer. Un couple incarné par Aidan Gillen, échappé de la série Game of thrones et la chanteuse Maria Doyle Kennedy, ex-Commitments, dont Sing Street reprend de loin l’intrigue et l’humeur.

Parce que le divorce n’est pas encore légalisé en Irlande, il est obligé de partager le même toit (un aspect sociologique bien vu). A court d’argent, il envoie Conor dans une école dirigée par un prêtre aux méthodes très, très, limites. La brutalité de l’homme d’église n’est d’ailleurs pas esquivée, même si ses travers auraient pu être un peu plus approfondis…

Conor tombe amoureux de la mystérieuse et aspirante-mannequin Raphina (l’anglaise Lucy Boynton), laquelle comme tous les jeunes de Dublin à l’époque veut réussir à Londres. Pour plaire à la jeune fille plus âgée que lui, il décide de vite monter un groupe. Et c’est là que le charme opère, dans tout ce processus de création par des collégiens attachants  (ah les vidéos à la MTV, faites avec des bouts de ficelle, les scènes les plus drôles du film).

Comme nous sommes dans les années 1980, on a évidemment droit, en plus de compositions originales, à une bande-son best-of . Soit un régal pour les oreilles pour les fans de Talking Head, The Cure, Duran-Duran and co. Les goûts musicaux de Conor (ainsi que son vestiaire et ses exploits capillaires) se contruisent grâce à son grand frère, l’excellent Jack Reynor (What Richard did). Ce jeune homme faussement sûr de lui reste peut-être le personnage le plus émouvant du film (notamment lors d’un final assez fantaisiste, à la Grease). C’est un fan de musique qui est passé à côté de ses rêves. Car c’est bien de cela dont il s’agit : se donner les moyens de les concrétiser . Une morale certes évidente, vue mille fois, mais qui sied plutôt bien à ce feel-good movie nostalgique ce qu’il faut.

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Magali Hamard dit :

    A reblogué ceci sur Craic & Tracks et a ajouté:

    La romcom so eighties

    J'aime

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