On y était : Paddy Hanna (w/ Dowry et Sinead White) au Roisin Dubh, Galway

En ce 22 juillet, on s’accorde une troisième halte au Roisin Dubh lors du festival des arts de Galway, avec le grand Paddy Hanna, crooner et l’un des meilleurs jeunes songwriters irlandais. Dowry et sa musique cinématique et la piquante Sinéad White ont ouvert le bal. 

22 juillet : c’est notre dernière soirée au Roisin Dubh, pendant le festival des arts de Galway et on se réjouit d’avance.  Impatient que nous sommes de revoir sur scène Paddy Hanna qui nous avait largement convaincu de son talent au Whelan’s à Dublin. Mais honneur aux dames. Et à Dowry (Éna Brennan dans le civil) dont on avait applaudi les arrangements pour violon lors de la soirée Imagining Ireland au National concert hall. Femme orchestre,  la jeune femme qu’on a vu jouer avec les excellents Tandem Felix revient avec fiddle, guitare et ses pédales loops qui lui permettent de créer des boucles de son. Résultat : de la musique « cinématique » (on pense de loin, et en plus expérimental, à Colm Mac Con Iomaire). Née d’improvisations, elle se fait à la fois tragique, atmosphérique et mélancolique, sur laquelle Dowry pose parfois sa voix. On ferme les yeux et on imagine une lande battue par le vent ou une falaise léchée par une mer déchaînée.  La rêverie s’installe jusqu’au moment où elle est stoppée net. Pour ne jamais tomber dans l’évidence. Beau.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Autre ambiance, plus piquante et boisée, avec Sinéad White. Originaire de Kildare, la jeune songwriter (qui a souvent collaboré avec Daithi, producteur de musique électro) a une voix puissante et aux accents soul qu’elle n’hésite pas à pousser au maximum (« car cela fait du bien parfois d’hurler »). Celle-ci (on pense à Selah Sue) est au service d’un folk pop groovy et de textes souvent acides. Evidemment, elle déroule Finally, son premier album fait à la maison, paru en 2015. Dans une chanson, White voudrait que son ex ait la taille d’un insecte pour pouvoir l’écrabouiller et dans une autre, rassurer ses parents en faisant des économies… Avec Mouth Trumpet, White prend le titre au pied de la lettre, et avec sa bouche se met à imiter le son de la trompette. Oh et on a oublié de vous dire que la demoiselle est extrêmement drôle.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mais voilà la star du soir. « Notre dernier concert ici a été un désastre » grimace Paddy Hanna. Ce sera pas le cas cette fois-ci, devant un public tout ouïe. Pour avoir une idée du style Hanna, il faut imaginer un mélange de Richard Hawley, Jarvis Cocker et Scott Walker. Il y a cocktail moins goûtu. Sur scène, il nous la joue crooner dégingandé, touchant et légèrement tourmenté (avec sourire inquiétant et yeux grands ouverts) et on marche complètement. Sur la setlist figurent évidemment, mais pas que, la quasi-totalité de Frankly, I Mutate, son dernier album, une pépite sortie en mars dernier et supervisée par Daniel Fox de Girl Band. 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le bassiste est d’ailleurs présent sur scène, avec Dowry qui reprend son violon (beaux arrangements) pour l’occasion. On démarre avec l’instrumental et intrigant I saw the man. On succombe au so sexy Ida (le violon très americana en soutien) et à la pop orchestrale de All I can say is I Love You. On pense à Elvis Costello à l’écoute de Underprotected (ha le petit « cha la la la la »…), une ode au doute dixit son auteur.

Les morceaux s’enchaînent avec un chanteur de plus en plus habité. Avec le dansant Mario Lanza, référence au ténor américain du début du XXe siècle, Paddy Hanna rend hommage à son père, tombé malade alors qu’il écrivait l’album. Hanna aime décidément les chanteurs à la voix suave en célébrant… Barry White, un titre plus ancien. Dans Camaraderie, il aborde sans fard une phase de dépression.

C’est la face B de Austria, une merveille et morceau de bravoure où la rythmique se fait galopante. L’influence de Scott Walker est manifeste sur Toulouse the Kisser et l’irrésisitible et très « pop baroque » Bad Boys. En guise de final, Hanna nous assure qu’il a changé ou plutôt muté avec le mélancolique Frankly I Mutate (toujours cette batterie-cavalerie). Pour le mieux, on dirait, si on se fie à nos oreilles et au plaisir qu’elles ont ressenti.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s