On y était : Villagers à Bruxelles et Francfort

Avec The Art Of Pretending To Swim, son nouvel album sous le bras, Villagers a fait halte à Bruxelles et Francfort début novembre. On y était, on vous raconte. 

Villagers on tour – Bruxelles “La Madeleine” (01/11) et Francfort “Zoom” (03/11)…
Cela faisait plus de deux ans qu’on attendait une nouvelle tournée de Villagers. Le prolifique irlandais a livré The Art Of Pretending To Swim, un nouvel album qui réconcilie folk et expérimentations électroniques. Mixé à la sauce de Conor O’Brien, cela donne des textes ciselés à la perfection, et une musique un peu plus punchy que ce à quoi il nous avait habitué avec l’album précédent.

Visiblement, le début de tournée au Royaume-Uni s’est bien passé, uniquement des dates affichant complet, et c’est par Bruxelles que l’Irlandais a commencé jeudi 1er novembre sa tournée “européenne”. Habitué à jouer au Botanique, les aléas de la programmation ont emmené le groupe à La Madeleine cette fois. Salle située au centre de la capitale belge, elle est aussi plus grande que le Botanique. La soirée n’affichait pas complet, mais quand l’Irlandais arrive sur scène, la salle est bien remplie, tout est en place.
Le jeune Norvégien Jarle Skavhellen – il a bien conscience que son nom est difficilement prononçable – a assuré la première partie avec un folk somme toute traditionnel, des textes intéressants, mais pas inoubliables non plus.

Pour rappel, derrière Villagers se cache Conor O’Brien seul aux manettes, il s’entoure donc de musiciens pour assurer les live. Si Danny Snow le bassiste fait partie de la line-up originelle, Mali et Gwion Lleywlyn les Gallois ont rejoint la formation lors de la dernière tournée. L’un étant à la batterie, Mali a quant à elle quitté la harpe pour le clavier sur cette tournée. L’Anglais Marcus Hamblett complète le groupe pour les bidouillages électro et quelques solos de trompettes.  

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Le décor est planté avec un large drapeau représentant les formes géométriques de la pochette du nouvel album. Conor O’Brien a (enfin) trouvé le chemin du barbier et affiche un nouveau look: brushing impeccable, rasé de près et la veste dandy qui nous fait oublier son air poupon qu’il avait à ses débuts.

Gonflé à bloc, il sautille comme un boxeur prêt au combat et esquisse quelques pas de danse pendant ses chansons. Il faut dire qu’il nous avait habitués à un folk épuré sur le dernier album, avec les nouveaux titres, le public se prend à dandiner au rythme des quelques envolées électro. Juste ce qu’il faut, avec des pointes de trompette qui sont fort à propos et qui donnent leur sens à la version live des morceaux.

En “seulement” 15 chansons, Conor O’Brien privilégie les nouveaux titres, Sweet saviour, Again et Fool, qui sont bien rôdés, le groupe est à l’aise et O’Brien s’éclate, avec une prestance plus physique qu’à l’accoutumée. Becoming a jackal est devenu un grand classique, et on surprend le public à chantonner à l’unisson. Memoir, chanson écrite pour Charlotte Gainsbourg fait également partie des incontournables, réarrangée une fois encore pour cette line-up plus électro. On soulignera les passages à la trompette, assurés par Gwion et Marcus, qui apportent une touche bien agréable à la fin de plusieurs titres.

Ada clôt la première partie du concert, Conor explique qu’il s’agit d’Ada Lovelace, une pionnière de l’informatique et il en profite pour tacler au passage les “algorithmes diaboliques” et notre addiction aux smartphones.

Du côté du public un couple d’Irlandais était bien décidé à se faire remarquer, il interpelle à plusieurs reprises l’artiste. Qui leur répond. Ils veulent savoir où se prolongera la soirée. L’after show est prévu à “La mort subite”, un bar non loin de la salle. Le Français de Conor O’Brien est assez basique, ce  qui donne un moment hilarant où il tente de décrypter “la mort subite”: “la bite? l’amour de la bite? Qu’est-ce que c’est que vos noms de bars?”. Le rendez-vous est donné, sauf que le groupe sera tellement en retard qu’il trouvera porte close une fois arrivé.

Le show s’est enchaîné rapidement, 1h20, on est presque frustré. Un incident technique vient gripper la machine en toute fin de set. Le micro de la guitare a décidé de faire des siennes. Conor tente d’aller chercher une autre guitare, “vous avez une minute?” lance t-il au public hilare, mais rien n’y fait. Il se résout à une version acoustique de Nothing Arrived, un désormais classique, à un seul micro. Un bricolage qui gâche un peu la fin d’un set qui était pourtant sublime.

Setlist Bruxelles

Le surlendemain, on retrouve le groupe à Francfort. Cette fois en terre connue, l’artiste est ravi de retrouver le Zoom, le club où Villagers a pris ses quartiers pour chaque tournée. Plus petite que la salle bruxelloise, on apprend plus tard que le club a affiché ce soir-là complet. La scène est cette fois très petite : le premier rang est littéralement sur les genoux de Conor O’Brien. L’éclairage est également différent. Les spots sont dans le dos du groupe, si bien que du côté du public, on voit quasi O’Brien en ombre chinoise. C’est en tout cas sombre dans ce club déjà bas de plafond. Mais visiblement cette promiscuité n’est pas pour lui déplaire.

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Après le set du norvégien en première partie, le concert démarre avec I saw the dead, la première chanson de son premier album Becoming a jackal. Conor ne touche plus le piano comme pour les différentes tournées, c’est Mali qui s’en charge. Ce choix en début de set est audacieux, et ce que l’on apprécie avec le perfectionniste irlandais, c’est qu’à chaque tournée les chansons prennent une nouvelle tournure. On apprécie d’autant plus que la set-list est remaniée d’un concert à  l’autre, on regrette encore moins le voyage. Puis il enchaîne avec Memoir, toujours aussi sublime.

Après cette introduction avec des chansons plus anciennes, l’Irlandais s’applique à présenter celles du nouvel album. Les premiers rangs sont composés de “fans” puisqu’on les voit chanter en chœur toutes les paroles, Trick of the light sorti comme single phare de l’album est déjà un classique. Conor O’Brien décide enfin de gâter son public de Francfort puisqu’il propose en début de rappel 21 strangers, une vieille chanson qui n’est que trop rarement jouée. C’est une première pour cette tournée annonce t-il. Quel privilège! Il finit avec Courage et Nothing Arrived comme à Bruxelles. La boucle est bouclée. On ne regrettera qu’une chose, c’est de ne pas être à Paris pour voir ce que l’Irlandais prépare pour le Trabendo le 14 novembre.

Live Francfort

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