On y était : « An Irish Story » au Théâtre de Belleville

En enquêtant sur la disparition mystérieuse de son grand-père irlandais, Kelly Rivière explore son histoire familiale et celle de l’Irlande dans « An Irish Story », un seule en scène au Théâtre de Belleville. Une merveille, entre drôlerie irrésistible et émotion.

En fond de scène, des photos accrochées où la mémoire familiale s’étale. La comédienne franco-irlandaise Kelly Rivière se raconte déjà à travers les clichés de sa mère, sa grand-mère et des troubles en Irlande.  La jeune femme, au destin contrarié de danseuse,  nous emmène sur l’île d’Emeraude, celle des années 1950, que la jeunesse quittait pour aller vers un ailleurs plus clément. C’est le destin de Peter O’Farrell, son grand-père maternel, parti avec sa femme Margaret, tenter sa chance en Angleterre. La vie à Londres est difficile, avec six enfants à nourrir. Peter sombre dans l’alcool et disparaît bientôt de la circulation.

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Histoire et histoire familiale

Cet aïeul, Kelly Rivière l’a pas mal fantasmé pour plaire aux garçons. Pour séduire un surfeur et un militant, elle fera de lui, respectivement, un gardien de phare et un membre de l’IRA qui a failli tuer Margaret Thatcher. Mais il est temps de lever le voile, d’avancer, alors qu’elle-même vient de fonder sa propre famille. Kelly Rivière va tenter de retrouver Peter en interrogeant les femmes de sa vie. Une enquête au long cours, souvent hilarante. Le ton est grave parfois, quand elle raconte l’histoire douloureuse de l’Irlande (Exil, pauvreté…) et évoque la souffrance causée par l’absence de Peter pour sa grand-mère et sa mère.

Femmes fortes

Ha, sa mère ! Quel personnage ! Drôlissime à force de rabrouer sa fille, qui cite les dictateurs à tout va (« C’est mignon comme nom, Pol Pot ») et appelle sa fille Gorby (Gorbatchev).  C’est une femme forte, qui a vécu une enfance entre discrimination (les Anglais n’étaient guère accueillants…) et manque d’argent. Forte, comme toutes celles décrites au fil d’une enquête  passionnante de bout en bout. Les hommes qui naviguent autour de Kelly Rivière sont quasiment aux abonnés absents, entre son père Michel, gentil mais faible et son frère amateur de fumette, dragueur impénitent et gaffeur.

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Et on roule les R !

Kelly Rivière incarne tous ses personnages hauts en couleurs  avec une énergie folle. Margaret ne parle pas français ? Allons-y pour l’anglais avec les R qui roulent, l’utilisation de « love » tous les trois mots et de « eijit » (idiot, qualificatif destiné à Peter…), « so irish ». Rivière a le bon goût de ne jamais perdre en route les non-anglophones. Son enquête avance, entre séquences irrésistibles et moins légères. Et l’émotion nous cueille plus d’une fois notamment lors d’un final sensible et onirique. Ce seule en scène, sur la nécessité vitale parfois douloureuse de connaître ses racines, est une perle immanquable.

De 11 à 26 euros. A 19h, du mercredi au samedi, 20h30, dimanche. Relâche les 17, 18, 19 avril et le 5 juinJusqu’au 30 juin au Théâtre de Belleville, 94 Rue du Faubourg du Temple, 11e. https://www.theatredebelleville.com/

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