On y était : The Henry Girls + Lynched au Centre culturel irlandais (chapel sessions)

Où fêter la Saint Patrick ? Au Centre culturel irlandais, évidemment. Au programme : les belles harmonies vocales de The Henry Girls, de Lynched et une certaine idée de la musique traditionnelle.

The Henry Girls
The Henry Girls

Les chapeaux haut de forme, verts et mous, flanqués du nom d’une celèbre marque de bière, portés par quelques spectateurs, donnent un indice sur la date du jour. C’est la Saint Patrick et avant d’aller dans les pubs, une halte au centre culturel irlandais s’impose. Au menu : The Henry Girls et Lynched, soit ce qui se fait de mieux en ce moment en terme de musique traditionnelle. Enfin traditionnelle, pas seulement.

Karen (violon, chant, ukulélé), Lorna (voix et accordéon) et la harpiste Joleen McLaughlin (Henry est le nom de leur grand-père), qui ont entre autres assuré les choeurs pour la grande chanteuse Mary Black, puisent également  dans l’americana. Comme pour December Moon, titre ultra-romantique et inaugural du set. Un autre bel exemple avec The Garden where the Praties grow, sur une veuve, autrefois chanté par leur grand-mère et écrite par un certain Johnny Patterson. Les harmonies vocales des trois soeurs multi-intrumentistes, venues défendre leur cinquième album, Louder than words, donnent des frissons, surtout quand elles se lancent dans des morceaux a cappella (Here Beside me). On aime évidemment Ol’ Cook Pot, une reprise d’un titre très folk américain, un brin swing, de Shawn Byrne et Chuck McCarthy.

Techniquement, le trio de Malin, Donegal, maîtrise son sujet, même s’il pêche parfois par des paroles un peu naïves. On se quitte avec un extrait de la bande-son de A Shine of Rainbows, film pour la jeunesse tourné dans leur région, de Vic Sarin avec Aidan Quinn et Connie Nielsen, aux accents « atroces ». « L’équipe de Star Wars 8 va tourner chez nous » : perspective qui les réjouissent. C’est sur cette réflexion de « geek » qu’elles laissent leur place à Lynched.

Lynched
Lynched

Leur répertoire, relecture de titres ancestraux comme le renversant Henry the Son et enregistrés dans un album sorti en 2014, se fait plus politique et plus sombre. Leur son, plus « rough », rappelle celui des Dubliners et des Pogues. Et ce n’est pas étonnant : entourés de Cormac Mac Diarmada, Daire Garvin et Radie Peat, les deux frères Ian et Daragh Lynch viennent de la scène punk …

Dans Cold Old Fire, ballade à la guitare, violon et concertina, on parle d’Irlandais forcés d’émigrer et de chômage galopant. Salonika, un air de Cork revisité, aborde la vie difficile d’une femme dont le mari est enrôlé dans l’armée britannique pendant la première guerre mondiale. Mention speciale au Sergeant William Bailey, qui se moque d’un soldat anglais.

Heureux d’être à Paris (« la Saint Patrick à Dublin, c’est l’enfer de Jérôme Bosh » selon Ian Lynch), le quatuor s’autorise quand même des morceaux plus légers comme le réjouissant Daffodil – fresh fish – Mulligan, repris en partie par le public. Gros moment d’émotion quand Radie Peat, la seule femme du groupe, entame a capella The Tri-coloured House, issu du patrimoine des travellers. Un chant bouleversant, venu d’un autre âge, et certainement l’un des pics de la soirée. On retient également l’anti-fasciste The Peat Bog Soldiers, entonnée sans instruments et surtout The Old Man from the Sea, où encore une fois on succombe à la voix de Radie Peat. On se sépare avec  Billy O’Shea, ou les inconvénients d’être saoul. Bien vu. Dehors, la Saint Patrick bat son plein.

 

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