On y était : Anderson et Ye Vagabonds (Chapel sessions) au centre culturel irlandais

Dernière Chapel session de la saison au centre culturel irlandais et beau programme ce 17 mai avec la pop sixties de Anderson et le folk éternel de Ye Vagabonds. On y était, on vous raconte.

anderson
Anderson

Dans une vidéo vue plus de 20 000 fois, Anderson  fait du porte à porte pour vendre des copies de Patterns, son premier album bricolé à la maison et sorti en septembre dernier. Cocasses, parfois désarmantes, ses rencontres avec de potentiels acheteurs sont assez révélatrices de l’actuelle « consommation » de la musique. Après ce succès internet, on était plutôt impatiente de découvrir la pop sixties et du début des seventies du garçon (dont la coupe de cheveux rappelle celle des fameux Scarabées). L’occasion était donné le 17 mai, au soleil couchant (« c’est étrange de voir vos visages, je ne suis pas habitué ») dans la chapelle du Centre culturel irlandais.

Il arrive, souriant, dans un silence religieux. Il faudra quelques chansons, et ce malgré ses efforts, pour détendre l’atmosphère (l’effet « église » sans doute). Et pourtant, les mélodies, jouées à la guitare ou au piano, sont immédiatement accrocheuses et font dans le « revival » intelligent. Avec ce remarquable raconteur d’histoires, on passe par toutes les humeurs : de l’ironie – l’irrésistible Existential vacuum (on pense à The Divine Comedy) – à  la pure mélancolie avec A Sad Lullaby, à propos d’une jeune femme  désespérée, disponible sur Hallowed Heart, un Ep qui contient la sautillante Cecilia’s Sister , bizarrement exclue de la setlist.

La vie est parfois difficile, Anderson s’en fait l’écho, dans des textes personnels à l’optimisme jamais béat. Le public se détend enfin quant vient l’histoire, traduite par une jeune femme de l’assistance, de son cousin indélicat, un antiquaire, qui lui vend un faux disque d’or des Wings (en fait un album de Madonna !). Le songwriter dublinois enchaîne avec Vincent, sa chanson « vengeresse » et à la Paul McCartney. Une merveille. On craque également pour Things we have in common, Patterns et évidemment, the Melody et History, titres émouvants joués au piano et parmi les plus beaux d’un premier album très prometteur.

ye vagabonds
Ye Vagabonds : Brian et Diarmuid Mac Gloinn

Une petite pause et les Ye Vagabonds prennent le relais. Les troubadours de Stoneybatter, le quartier hype de Dublin, sont donc de retour au CCI après un concert étourdissant en février avec The Lost Brothers (voir ici). On ne s’était pas remise de leurs harmonies vocales et de leur folk éternel.  Et on n’est pas la seule à avoir succombé puisque les multi-instrumentistes Brían et Diarmuid Mac Gloinn ont déjà fait les premières parties de Glen Hansard, Villagers (à la Maroquinerie à Paris, notamment), et vont assurer celles de Lisa Hannigan lors de sa très prochaine tournée en Irlande.

Les deux frères, qui ont donc eu une année folle et semblent plus libérés, commencent avec des airs traditionnels à tomber : Frost is all over, écrit par Paddy Moloney des Chieftains, et Lowlands of Holland, sur une femme qui perd son mari en mer. On a droit à une reprise a cappella, de Cruel Mother, une folk song sur une reine, enceinte d’un roturier et qui perd son bébé. Une relecture où le chant des deux frères atteint des sommets d’intensité et d’émotion. Bref, tout personne n’ayant pas des frissons n’est pas normalement constituée.

« Nos chansons sont tristes » s’amuse Diarmuid, le plus loquace des deux, qui se met en tête de nous raconter l’histoire du bouzouki, de Saint Patrick et ses serpents ou son premier voyage à Paris, où il a participé à un carnaval déguisé en costume folklorique féminin des pays de l’Est. Après une chanson en gaélique déchirante, le duo enchaîne avec les titres de leur Ep, Rose and BriarWay up on mountains, au bouzouki languissant, Go where you will, aux accents très americana,  Pomegranate, et Willie O Winsbury, une sublime ballade écossaise du 18e siècle sur un bourgeois qui épouse la fille d’un roi tout en refusant l’argent du souverain. Tour de force vocal avec Humdinger, tout en onomatopés chantées vitesse grand V. Manque à l’appel l’indispensable Barbara Allen et ça c’est mal. Il leur faudra revenir à Paris, donc. Et avec leur premier album qu’ils sont en train d’enregistrer. ô joie.

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